L’idée de green guidance émerge au croisement de plusieurs évolutions : l’urgence écologique, la transformation des métiers, la prise de conscience que l’orientation professionnelle ne peut plus se limiter à “optimiser” l’employabilité individuelle. Dès les années 1990, des auteurs comme Peter Plant ont ouvert la voie en affirmant que l’orientation et l’accompagnement devaient prendre en compte les impacts environnementaux des choix professionnels, mais aussi contribuer à développer des opportunités d’évolution et de formation qui participent à la soutenabilité, et aussi évaluer ses résultats non seulement en termes économiques, mais aussi selon des critères écologiques.
La notion se précise aujourd’hui comme une perspective qui relie les parcours professionnels aux limites planétaires et aux enjeux de justice sociale et transformation sociétale. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de « transition verte » dans l’éducation et formation, les politiques publiques et le monde du travail (Green New Deal, ODD, compétences vertes…).
Une définition de référence décrit l’orientation durable comme une démarche qui développe le pouvoir d’agir des individus, des groupes et des communautés à construire leur vie et leur carrière sans compromettre la capacité des autres et des générations futures à répondre à leurs besoins. Elle reconnaît la valeur intrinsèque des écosystèmes, la gravité de la crise climatique et écologique, et vise à développer la capacité collective à analyser, répondre et contribuer à la résolution des problèmes sociaux, écologiques et professionnels.
L’objectif n’est pas de donner à l’accompagnement et à l’orientation un simple coup de pinceau « vert », mais de transformer en profondeur ses finalités : relier les aspirations individuelles au bien-être collectif, analyser les impacts du travail sur l’habitabilité du monde commun, renforcer l’imagination, ouvrir des futurs souhaitables et soutenir des choix compatibles avec un monde soutenable.
Par ailleurs, ces questions soulevées par la Green Guidance s’insèrent et s’articulent avec les enjeux et problématiques sociaux et économiques de notre société contemporaine. Elle reconnait en cela la complexité du paysage dans lequel s’inscrivent bénéficiaires et professionnels de l’orientation. La transition écologique se déploie ainsi dans un environnement social traversé par une transition numérique exacerbée par le développement de l’Intelligence Artificielle, mais aussi par une individualisation des problématiques liées au travail et une prédominance des enjeux gestionnaires dans l’arbitrage nécessaire des contraintes d’exercice du travail. Le marché du travail et de l’emploi est quant à lui marqué par un déficit de travail décent et une proportion importante de « bullshit jobs ».
Les problématiques environnementales et écologiques actuelles s’inscrivent donc dans un contexte étendu qui appellent à articuler leur prise en compte dans une perspective élargie, rappelant la nécessité pour chacun et chacune de pouvoir accéder à un travail décent et digne, et ce tout au long de sa vie professionnelle.
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Miriam
