View Categories

Éthiques : responsabilité et neutralité

1 min de lecture

La green guidance bouscule une représentation très répandue de notre métier : celle d’une posture « neutre » qui se tiendrait à distance des enjeux politiques, sociaux et écologiques. Or, comme le rappelle l’histoire de l’orientation (de Frank Parsons aux approches critiques contemporaines), nos pratiques ont toujours été prises dans des choix de société : soutenir l’adaptation au marché existant, ou questionner les formes de travail qui abîment les personnes, les plus vulnérables et le vivant. La neutralité peut aussi être perçue comme un soutien au système en place et la green guidance comme un instrument de verdissement des choix sans interroger les fondements économiques et sociaux qui organisent le travail aujourd’hui et en invisibilisent les impacts.

Les débats actuels sur l’éthique de la green guidance tournent autour de cette tension. Pour certain·es auteur·es, il est éthiquement nécessaire que les praticiens assument un rôle social et politique : prendre en compte les « besoins du monde », pense la justice sociale et écologique, quitte à sortir d’une neutralité illusoire. D’autres proposent plutôt d’élargir le cadre habituel de l’accompagnement (intérêts, valeurs, compétences) en y intégrant systématiquement les enjeux de soutenabilité, sans changer radicalement de paradigme. Enfin, plusieurs soulignent que, de toute façon, la transition écologique arrive déjà dans les demandes des publics : l’ignorer reviendrait à manquer à notre devoir d’information et de soutien. Chaque professionnel.le peut se situer et choisir son approche selon ses convictions et ses valeurs.

Dans cette perspective, être éthique ne signifie pas « ne pas avoir d’opinion », mais :

  • reconnaître ses propres valeurs et biais, sans les imposer ;
  • respecter l’autonomie de la personne accompagnée, en lui donnant des informations fiables mais aussi en créant des opportunités de réflexion critique ;
  • ne pas culpabiliser les personnes ni les rendre seules responsables de crises systémiques ;
  • explorer simultanément le bien-être individuel, la justice sociale et la soutenabilité.

Une “green guidance” éthique ne dirige pas vers des « bons » métiers verts, ne fait pas de prosélytisme, mais ne demande pas non plus aux individus de s’adapter à un monde vécu comme injuste. Elle cherche à rendre visibles les rapports de pouvoir, les effets du contexte socio-économique et écologique, et à soutenir des choix aussi justes et soutenables que possible pour la personne, les autres et le vivant, en prenant en compte le contexte et les enjeux de la personne accompagnée.

Pour aller plus loin :