La crise écologique n’est pas seulement une crise du vivant, c’est surtout une crise des inégalités. Les données sont sans appel. Selon Oxfam et le World Inequality Lab, le 1 % le plus riche émet plus que 66 à 75 % de l’humanité, et les 10 % les plus riches sont responsables d’environ la moitié des émissions mondiales. À l’échelle d’un pays comme la France, un citoyen moyen émet autour de 9–10 tonnes de CO₂ par an, mais la moitié la plus pauvre n’en émet qu’environ 5, tandis que les 10 % les plus riches dépassent 25 tonnes, c’est-à-dire cinq fois plus. Cette asymétrie détruit deux idées reçues : non, la crise écologique n’est pas provoquée par “les comportements individuels des pauvres” ; oui, les classes populaires sont déjà beaucoup plus “écologiques” que les classes aisées – par contrainte, non par choix.
Le paradoxe est violent : ceux qui contribuent le moins à la crise seront les plus exposés à ses effets. Mauvaise isolation thermique, dépendance à la voiture, précarité énergétique, emplois vulnérables à la transition : les populations à faibles revenus cumulent les fragilités. De même, à l’échelle mondiale, 92 % du dépassement de la limite climatique provient des pays riches (États-Unis 40 %, UE 29 %), alors que les pays du Sud subissent l’essentiel des pertes humaines et économiques — dont les 30 millions de déplacés climatiques chaque année.
Pour les professionnels de l’accompagnement et de l’orientation, ces réalités imposent un principe simple : on ne peut pas demander à ceux qui ont le moins de ressources d’être les premiers à porter la transition. La justice sociale doit être une condition de la justice climatique. C’est pourquoi la green guidance ne peut pas se limiter à “verdir” les choix individuels : elle doit se focaliser autant sur la soutenabilité que sur la dignité et la justice sociale
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